Articles

La marche est-elle suffisante pour rester en bonne santé ?

Accessible à presque tous, facile à intégrer dans le quotidien et ne nécessitant que très peu d’équipement, la marche est l’une des activités physiques les plus simples à pratiquer régulièrement. Aller au travail à pied, se promener pendant la pause déjeuner ou sortir marcher après le dîner : chaque occasion de bouger compte.

Mais peut-on réellement rester en bonne santé en marchant uniquement ? Faut-il atteindre 10 000 pas par jour pour en tirer des bénéfices ? La marche rapide est-elle plus efficace que la marche tranquille ? Et doit-on la compléter par d’autres exercices ?

La réponse est encourageante : la marche constitue une excellente base pour préserver sa santé, à condition de la pratiquer régulièrement et de l’adapter à ses capacités. Pour entretenir l’ensemble du corps, elle gagne toutefois à être associée à des activités de renforcement musculaire et, selon les besoins, à des exercices d’équilibre et de mobilité.

Voici ce qu’il faut savoir pour faire de la marche une véritable alliée de votre santé.

Quels sont les bienfaits de la marche sur la santé ?

La marche est une activité physique d’endurance qui sollicite le cœur, les poumons et de nombreux muscles. Pratiquée régulièrement, elle contribue à améliorer la condition physique et à préserver plusieurs fonctions essentielles de l’organisme.

1. Entretenir son cœur et sa circulation sanguine

Lorsque vous marchez, votre fréquence cardiaque augmente progressivement. Le cœur travaille davantage pour apporter l’oxygène nécessaire aux muscles, tandis que la respiration s’adapte à l’effort.

Avec une pratique régulière, la marche contribue à entretenir les capacités cardiovasculaires. Elle participe également à la prévention de plusieurs maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Il n’est pas nécessaire de pratiquer une activité sportive intense pour profiter de ces bénéfices. Une marche suffisamment dynamique, répétée plusieurs fois par semaine, peut déjà constituer une activité d’endurance intéressante.

2. Favoriser le bien-être mental et réduire le stress

La marche ne fait pas du bien qu’au corps. Elle peut également contribuer à améliorer le bien-être psychologique.

Prendre l’air, changer d’environnement et s’éloigner momentanément des sollicitations quotidiennes permet de faire une pause. Une promenade peut aider à prendre du recul, à diminuer les tensions ressenties et à retrouver un peu de disponibilité mentale.

Plus largement, la pratique régulière d’une activité physique est associée à une amélioration de la santé mentale et à une réduction des symptômes d’anxiété et de dépression chez certaines personnes.

La marche peut donc être un complément intéressant pour prendre soin de soi, sans pour autant remplacer un accompagnement psychologique ou médical lorsqu’il est nécessaire.

3. Préserver les muscles, les articulations et l’autonomie

Marcher mobilise principalement les muscles des jambes et les articulations des membres inférieurs : hanches, genoux et chevilles. Cette activité contribue à entretenir les capacités nécessaires aux déplacements du quotidien.

Elle peut notamment aider à conserver une certaine aisance pour monter les escaliers, faire ses courses ou se déplacer de manière autonome.

Avec l’âge, le maintien de ces capacités devient particulièrement important. La marche peut alors être associée à des exercices d’équilibre et de renforcement musculaire pour mieux préserver l’autonomie et limiter le risque de chute.

4. Participer à l’équilibre énergétique

La marche augmente les dépenses énergétiques quotidiennes. Associée à une alimentation adaptée et à un mode de vie actif, elle peut donc contribuer à la gestion du poids.

Il faut toutefois éviter les promesses simplistes : la perte de poids dépend de nombreux facteurs, notamment l’alimentation, le sommeil, les traitements éventuels, l’âge et les caractéristiques individuelles.

Marcher régulièrement reste bénéfique même lorsque le poids ne change pas. Les effets positifs de l’activité physique ne se résument pas au chiffre affiché sur la balance.

Combien de temps faut-il marcher chaque jour ?

Il n’existe pas de durée unique adaptée à tout le monde. Les recommandations de santé publique donnent néanmoins des repères pour les adultes.

L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de pratiquer chaque semaine :

  • 150 à 300 minutes d’activité physique d’endurance d’intensité modérée, comme la marche rapide ;
  • ou 75 à 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue ;
  • ou une combinaison équivalente des deux.

Il est également recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire sollicitant les principaux groupes musculaires au moins deux jours par semaine.

En pratique, cela correspond par exemple à environ 30 minutes de marche rapide, cinq jours par semaine.

Ces recommandations constituent un objectif de référence, et non une obligation à atteindre immédiatement. Si vous êtes peu actif, commencer par quelques minutes de marche régulière est déjà une démarche positive. L’important est d’augmenter progressivement son activité.

Pour retrouver les recommandations détaillées, consultez les directives de l’Organisation mondiale de la santé sur l’activité physique et la sédentarité.

Marche tranquille ou marche rapide : quelle différence ?

Toutes les marches ne sollicitent pas le corps de la même manière.

La marche tranquille permet de bouger davantage au quotidien, de récupérer ou de profiter d’une promenade. Elle est particulièrement adaptée lorsqu’on reprend une activité après une période d’inactivité.

La marche rapide augmente davantage la fréquence cardiaque et la respiration. Elle permet donc de travailler plus efficacement l’endurance cardiovasculaire.

Un repère simple permet de reconnaître une activité d’intensité modérée : vous devez pouvoir parler pendant l’effort, mais être un peu plus essoufflé que lorsque vous marchez tranquillement.

Vous pouvez également alterner les rythmes au cours d’une même sortie. Commencez doucement, accélérez progressivement, puis ralentissez à la fin.

Si vous débutez, inutile de chercher immédiatement à marcher vite. Vous pouvez d’abord augmenter la durée de vos promenades avant d’en intensifier le rythme.

Faut-il absolument atteindre 10 000 pas par jour ?

Non. Le chiffre de 10 000 pas est devenu un objectif populaire, mais il ne constitue pas un seuil obligatoire pour rester en bonne santé.

Les bénéfices de l’activité physique ne commencent pas à partir de 10 000 pas. Une personne qui marche peu peut déjà améliorer son niveau d’activité en augmentant progressivement son nombre de pas quotidien.

Le nombre de pas pertinent dépend notamment de l’âge, de l’état de santé, des capacités physiques et du niveau d’activité habituel.

Si vous effectuez actuellement 3 000 pas par jour, inutile de vouloir passer immédiatement à 10 000. Vous pouvez commencer par ajouter une courte promenade, prendre quelques escaliers ou effectuer certains déplacements à pied.

Le meilleur objectif est celui que vous pouvez maintenir dans la durée, sans douleur excessive ni fatigue disproportionnée.

La marche suffit-elle à entretenir tous les muscles ?

C’est l’une des principales limites de la marche : elle est bénéfique, mais elle ne sollicite pas toutes les capacités physiques de manière équivalente.

Elle fait principalement travailler les muscles impliqués dans les déplacements. En revanche, elle ne suffit pas toujours à entretenir la force de l’ensemble du corps, notamment celle des bras, du dos et de la ceinture abdominale.

Pour compléter vos promenades, il est donc intéressant d’intégrer des exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine.

Voici quelques exemples faciles à adapter à votre niveau :

  • Les levers de chaise : ils sollicitent les muscles des cuisses et des fessiers. Il suffit de se lever puis de se rasseoir lentement, en contrôlant le mouvement.
  • Les exercices avec élastique : ils permettent de travailler les bras, les épaules et le dos.
  • Les pompes contre un mur : elles sollicitent les muscles des bras et du haut du corps, avec une difficulté modulable.
  • Les exercices d’équilibre : tenir quelques secondes sur un pied, en gardant un support à proximité si nécessaire, peut contribuer à entretenir la stabilité.

Les activités qui entretiennent la souplesse et la mobilité, comme certains exercices de mobilité articulaire, le yoga ou le tai-chi, peuvent également compléter votre routine.

L’objectif n’est pas nécessairement de pratiquer un sport intensif, mais de varier les sollicitations pour entretenir différentes capacités physiques.

Marcher ne suffit pas si l’on reste assis toute la journée

On peut très bien marcher 30 minutes le matin, puis passer le reste de la journée assis devant un ordinateur. Pourtant, l’activité physique et la sédentarité sont deux notions différentes.

La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé pendant les périodes d’éveil, en dehors du sommeil. Elle concerne notamment les personnes qui travaillent devant un écran, effectuent de longs trajets en voiture ou passent beaucoup de temps devant la télévision.

Or, une activité physique régulière ne compense pas entièrement les effets d’un temps assis excessif.

Pour limiter la sédentarité, quelques changements peuvent faire la différence :

  • Levez-vous régulièrement lorsque vous travaillez assis.
  • Marchez quelques minutes pendant vos pauses.
  • Profitez d’un appel téléphonique pour vous déplacer si possible.
  • Privilégiez les escaliers plutôt que l’ascenseur lorsque cela est adapté.
  • Alternez les périodes assises et les moments où vous bougez.

L’idée est simple : il ne s’agit pas seulement de faire une séance de marche, mais de bouger davantage tout au long de la journée.

Vous pouvez retrouver des conseils complémentaires dans les informations du ministère de la Santé sur l’activité physique et la sédentarité.

Exemple de semaine pour associer marche et renforcement musculaire

Les recommandations de santé publique donnent des objectifs hebdomadaires, mais ne prescrivent pas un planning précis à suivre chaque jour. Vous pouvez donc organiser vos activités en fonction de votre emploi du temps, de vos capacités et de vos préférences.

Voici un exemple de répartition possible pour un adulte en bonne santé :

JourActivité proposée
Lundi30 minutes de marche rapide
MardiRenforcement musculaire
Mercredi30 minutes de marche rapide
Jeudi30 minutes de marche rapide
VendrediRenforcement musculaire
Samedi30 minutes de marche rapide
Dimanche30 minutes de marche rapide

Cette organisation permet d’atteindre 150 minutes de marche rapide par semaine, ainsi que deux séances de renforcement musculaire.

marche-sante-renforcement-musculaire

Les séances de renforcement peuvent être courtes ou plus longues selon votre niveau et les exercices choisis. Il ne s’agit pas d’une durée officielle imposée : l’objectif est de solliciter les principaux groupes musculaires.

Ce planning reste un exemple, et non un programme médical personnalisé. Vous pouvez déplacer les séances, les répartir autrement ou commencer par des durées plus courtes si vous reprenez une activité physique.

Si vous débutez, vous pouvez par exemple commencer par 10 à 15 minutes de marche, puis augmenter progressivement la durée de vos sorties.

L’essentiel est de progresser à votre rythme et de trouver une organisation que vous pourrez conserver sur le long terme.

Comment reprendre la marche quand on manque d’activité physique ?

Si vous avez été sédentaire pendant plusieurs mois, si vous travaillez beaucoup assis ou si vous avez perdu l’habitude de bouger, une reprise progressive est préférable.

Voici quelques conseils pour vous lancer sans vous décourager :

Commencez petit. Une marche de 10 minutes est déjà un bon point de départ. Vous pourrez augmenter progressivement la durée en fonction de votre ressenti.

Choisissez un parcours facile. Pour les premières sorties, privilégiez un terrain relativement plat, des chemins agréables et un itinéraire proche de chez vous.

Adoptez un rythme confortable. Il n’est pas nécessaire de marcher vite dès les premières séances. L’objectif est d’abord de retrouver le plaisir de bouger.

Soyez régulier. Mieux vaut marcher un peu plusieurs fois par semaine que réaliser une très longue sortie de manière occasionnelle.

Écoutez votre corps. Une fatigue légère après l’effort peut être normale, mais une douleur inhabituelle ou persistante doit vous inciter à adapter votre pratique.

Enfin, pensez à porter des chaussures confortables et adaptées au terrain. Une bonne hydratation est également importante, en particulier lorsqu’il fait chaud ou que la sortie se prolonge.

marche-et-sante

Dans quels cas faut-il demander conseil avant de marcher davantage ?

Pour la plupart des adultes, la marche est une activité accessible et peu contraignante. Elle doit néanmoins être adaptée aux capacités de chacun.

Si vous souffrez d’une maladie chronique, de problèmes cardiaques ou respiratoires, de douleurs articulaires importantes ou si vous reprenez une activité après une longue période d’inactivité, un professionnel de santé peut vous aider à définir une pratique adaptée.

Il en va de même si vous ressentez régulièrement une douleur pendant la marche ou si votre capacité à vous déplacer diminue.

Un médecin peut évaluer votre situation et, si nécessaire, vous orienter vers un kinésithérapeute ou un professionnel de l’activité physique adaptée.

En cas de douleur thoracique, de malaise ou d’essoufflement brutal et inhabituel pendant l’effort, arrêtez-vous et sollicitez une aide médicale urgente.

En résumé : la marche est excellente, mais elle gagne à être complétée

La marche est une activité précieuse pour préserver sa santé. Elle contribue à entretenir l’endurance cardiovasculaire, favorise le bien-être psychologique, aide à maintenir la mobilité et permet de réduire le temps passé assis.

Elle constitue aussi une excellente porte d’entrée vers un mode de vie plus actif, quel que soit son niveau de départ.

Pour couvrir plus largement les besoins du corps, il est toutefois préférable de l’associer à des exercices de renforcement musculaire et, selon les besoins, à des activités d’équilibre et de mobilité.

Inutile de viser immédiatement 10 000 pas par jour ou de chercher à marcher toujours plus vite. Commencez à votre rythme, soyez régulier et augmentez progressivement votre activité.

En matière de santé, mieux vaut une activité adaptée que l’on pratique durablement qu’un programme ambitieux que l’on abandonne rapidement.